Reprenons, donc où on en était restés.
Mer ou montagne ? Ca s'appelle Pichilemu. Il y a des sapins sur les hauteurs
et des chalets barriolés alignés. Si on monte un peu, on voit
les cimes enneigées. Il parait que l'activité principale tourne
autour de la glisse: c'est la mer. Si on se retourne, il n'y a plus
de doute. Le vent et les vagues sont la pour les surfeurs. Les chalets s'appellent
tous "cabañas" et se louent à la nuit. Les plages sont noires,
mais pas de monde, de sable - probablement d'origine volcanique ? Les andes
ne sont pas si loin.
Pas de distances trop longues les autres wes. Mais quand
même, la cote au niveau de Santiago. Plus dense qu'au sud. El Quisco,
près d'Algarrobo, entre Valparaiso et San Antonio.
Cabañas fleuries,
plages moins sauvages (a part celle la), mais encore vides,
Isla Negra qui n'est pas une ile, mais
contient "la" maison de Pablo Neruda, machas a la parmesianna, Eucalyptus
et gros rouleaux. Le (début du) cajon del Maipu, une des vallées
qui permettent de rentrer un peu dans les andes. Cette fois, on s'est arretés
avec le pavimento. On garde la fin de la balade pour une autre fois. La
granja educativa, une sorte de ferme modèle. Des chèvres, des
vaches, des chevaux et ... des lamas. Avec la traite et les bibis en direct.
Le bonheur, quoi ! Une tentative de rodéo. Comme il a été
annulé a la dernière minute, ca nous a juste fait un pretexte
pour voir un village de la vallée centrale...
Un we a Santa Maria, a 100 kms au nord de Santiago avec les Maass(s).
Leur maison de "campagne" n'est ni a la mer ni a la montagne. Plutôt
dans les vignes. Ca ne veut pas dire qu'on ne voit pas les montagnes...
Mais ca veut dire que l'eau est chaude et qu'il n'y a pas de vagues.
Parceque dans la
piscine ca chauffe
vite.
Farniente,
glaces sur la
plaza de armas de San Felipe, carne
al barbecue ... we tranquille.
Bon, mais on est pas toujours en dehors de Santiago.
Santiago est une ville plate. Mais entourée de
montagne. Les montagnes sont très peu construites. Donc très
vertes. Enfin, plutôt jaunes, vue l'humidité ambiante l'été.
Et blanches en haut, vue l'altitude la haut. Mais en tous cas, le béton
est plutôt sur le plat. Quand on est en bas, les choses sont assez
simples. Les andes sont toujours a l'est. Pas facile de se perdre.
La ville a apparement été construite le long d'une ligne
de métro est-ouest (et retour). Ensuite elle s'est dèveloppée
dans les autres directions, et aussi vers l'est, au delà du métro.
A un moment a du apparaitre la ligne numéro 2, pour aller vers le
sud. Le grand mystère, du moins de mon point de vue, c'est la troisème
(et dernière, en l'état actuel) ligne de mètro. Qu'elle
aille aussi vers le sud, passe encore, mais elle porte le numéro
5. D'accord, il y a une ligne numéro 4 en construction, mais ca n'explique
pas tout.
Probablement a l'apparition de la voiture, on a ajouté, essentiellement
le long de la ligne de metro une succession d'avenues, d'ouest en est, l'Alameda,
Providencia, Apoquimbo et Las Condes. Si vous avez bien suivi, au bout
de Las Condes, vous etes dans les Andes. D'ailleurs, la prolongation de
l'Alameda de l'autre coté s'appelle "Camino a Valparaiso. Le centre
s'est installé plus ou moins au milieu (un peu a gauche sur le plan).
Il a essentiellement, d'après les meilleurs guides touristiques,
la forme d'un triangle (isocèle). A gauche, la Panamericaine, l'Alameda
et au sud le Mapocho.
Défiant les principes urbanistiques les plus élémentaires,
les riches se sont installés à l'Est. Construisant a tour
de bras des immeubles (récents) et des villas sous les andes. Les
riches n'ont pas toujours été aussi rebelles. Avant, le quartier
chic était a l'ouest immédiat du centre (mais a ce moment
la, je ne sais pas trop ou étaient les ouvriers). L'avantage de cette
situation, c'est que les vieilles (et parfois assez belles) demeures de
ces anciens riches sont restées debout, même si elles n'ont
pas toujours eu droit à l'entretien qu'elles méritent. Bon,
c'est assez schématique et unidimensionnel. En fait, la ville s'etend
aussi beaucoup au sud, mais plus en quartiers residentiels. Un intermediaire,
Americo Vespuchio, entre le periph et la Francilienne essaye de faire
le tour, mais je crois qu'il est un peu depassé. A part a l'est et
dans le centre, il y a très peu d'immeubles haut (en particulier si
on compare a São Paulo). Et, même à l'est, c'est assez
vert. Un peu a cause des montagnes et collines environantes, mais aussi
parceque les plantes ont l'air de faire partie du mobilier urbain et sont,
à ce titre bien entretenues. Ca fait que même certains axes
assez passants arrivent a avoir une bonne tête. Ca fait qu'en général,
il est assez plaisant de se promener à pied.
D'une certaines manière (genre tourisme guide bleu, par exemple),
il n'y a pas grand chose a visiter. OK, le marché central, le musée
d'art précolombien, et quelques autres curiosités. Mais ce
qui me semble agréable, c'est de se promener un peu partout, de découvrir
les particularités de chaque quartiers, et ca tombe bien, on a du
temps pour le faire. Et aussi de monter sur chacune des collines, pour avoir
des points de vues sous des angles différents sur la ville.
Pour ce dernier aspect, notre situation géographique est assez
royale. Le
parque metropolitain
couvre la face sud du cerro San Cristobal. Entre le funiculaire, quelques
routes, et le telepherique, il n'est pas trop compliqué d'arriver
en haut. La descente est tranquille. On a de multiples pretextes pour y
aller. Le zoo,
la piscine d'Antilen, des restos,
la présence de visiteurs a y accompagner ou simplement les jeux pour
enfants au dessus du jardin botanique. Alors on en profite.
Et il arrive aussi qu'on fasse d'autre choses que
se balader.
El Castillano
Au mois de Novembre, Elodie a attaqué les cours
d'español, à l'Institut Goethe en centre ville. De 9 à
13 tous les matins, pendant que les minots étaient au jardin y yo
au boulot. Comme on bougeait tous les we, c'était assez fatiguant.
Comme on attendait du monde en Décembre, ca n'a duré qu'un
mois. Dire qu'Elodie est completement fluent serait exagéré,
mais ca a permis de commuter du portuguais au castillan... Ca a été
aussi une occasion de voir du monde, d'autres etrangers, aussi en cours
d'installation, pour des durées plus ou moins longues. Pour le "parler",
le portuguais est plutot un handicap. Mais pour la lecture, ca aide. Elodie
en particulier est assez à l'aise. Elle aura certainement lu l'integrale
d'Isabelle Allende avant notre départ...
Ferréol connait ses couleurs et, surtout ses animaux.
Il compose: "caballo blanco", "perro amarillo", "conejo negro", etc... Pour
le reste, il capte certaines expressions, et arrive apparement a se faire
comprendre. Un classique: "no es tuyo, es miyo".
Garance, elle, ne va pas tarder a nous mettre mal a l'aise. Elle nous
reprend parfois sur la prononciation, et on a l'impression que son vocabulaire
a explosé. En tous cas, elle n'a plus aucune appréhension pour
aborder la population locale.
Chez nous
A la fin du mois de Novembre, je crois qu'on se sentait vraiment chez
nous a Santiago.
A partir de Novembre, les niños ont pris le déjeuner
au jardin. Garance y a même passé quelques après midi.
Mais elle en a eu vite marre. Ingrid (femme de ménage et nounou ;
on dit "la nana") passe la journée à la maison et peut rester
le soir. Cela nous donne pas mal de liberté. En particulier, on arrive
à aller au ciné et on commence à connaitre quelques
restos...
Les débuts de Ferréol, surtout du coté des fins de
journées ont été un peu durs. Il acceptait assez mal
d'aller se coucher et dormait mal. Ca s'est nettement amélioré.
Maintenant, il semble s'être bien adapté. Difficile de se rendre
compte s'il se rappelle vraiment de Marseille. En tous cas,
il profite bien.
Garance, elle, ne semble pas avoir eu de difficultés. Cela dit,
depuis quelques temps, elle parait encore
plus à
son aise. Elle a fêté son anniversaire le 6 décembre.
Ses copines lui manquait. Mais elle prévoit régulièrement
la grande fête qu'elle fera au retour. Ici, la fête peut s'organiser
au jardin. Ca se fait le vendredi matin, ça tombait bien. C'est tout
un
rituel. Elle était très fière.
Le plus sympa, c'est peut-etre que depuis quelque temps, et après
une période de froid, il jouent de plus en plus
ensemble.
L'année scolaire termine fin Décembre. On a eu droit a
un petit spectacle. Le jardin reste ouvert en Janvier, avec moins d'enfants,
mais sera fermé en fevrier.
On suit de près (de très près) les travaux de construction
de la
Costanera Norte, un axe genre 2x3 voies
sous le Mapocho.
Dynamics and Randomness
Des fois, je bosse. En fait, assez souvent, même. Je pourrais
vous en parler, mais vous n'ecouteriez pas. Disons que je vais au bureau
après avoir posé les enfants au jardin, vers 9h. Un café,
un peu de marche et 10 stations plus tard, j'arrive au Centre de Modelisation
Mathématique (CMM), qui est relié de manière administrativement
baroque au Departement d'Ingenierie Mathematique (DIM) de l'UCHILE. Normalement
il faudrait traduire "Ingenieria" par "Génie", mais ça n'est
pas bon pour les initiales. De mon bureau il y a une a une belle vue. Les
locaux sont modernes, surtout que, depuis fin Novembre, il y a une nouvelle
machine a café qui fait de l'expresso comme si on y était.
Mes collègues sont sympas (c'est publique une page ouebe et en moyenne
ils parlent français comme vous et moi). Le midi, c'est a dire vers
14h, on déjeune à Las Delicias.
Ca, je developpe un peu plus loin. Il y
a souvent beaucoup de français au CMM. Mais, alors, entre le 9 et
le 13 Décembre, ca grouillait. Il y avait aussi d'autres sortes d'etrangers.
Ca s'appelait
Dynamics and
Randomness, allez voir si vous voulez.
En fait, il y en a même certains qui sont arrivés avant
le colloque. Par exemple, Jean-René (Chazottes) et Fabien (Durand)
qu'on connaissait de Marseille (!). A partir de là, on a eu un peu
toujours l'impression d'avoir de la visite...
Comme d'habitude, François et Carole nous ont
rejoint à notre arrivée dans l'hémisphère sud
pour Noël. Cette fois ci avec deux minots de plus de chaque coté
et un cinquième dans la boite, on était moins mobiles qu'en
97 au Brésil. Alors, on a rien fait. Sinon se balader un peu dans
Santiago.
Bon, au bout d'une semaine, on est quand même sorti de Santiago.
Direction la cote, au nord de Valparaiso. Assez extra. Mais c'est en écrivant
que je réalise qu'on a jamais vu les photos qu'on a prises. On a
du paumer la pelloche. Dommage. Bon, on y retournera... Ca a fait plage,
chateaux de sable et fruits de mer, juste avant la cohue sur la cote. Ca
passe de villages assez pittoresque comme Horcon a la station chicos de Zapallar.
On a fini par Valparaiso le 23 avant de remettre le cap sur Santiago pour
fêter Noël.
Les minots ont eu droit a un vrai
Noël
en été. Avec le sapin, la crèche et les cadeaux. Mais
sans la neige. Pour nous, c'est moins original. Si on regarde les 10 dernières
années, on a du passer la moitié des 25s décembre
dans l'hémisphère sud... On a regardé l'après
midi du 25 depuis
la piscine d'Antilen. Les minots
étaient ravis.
François & Carole sont allé faire un saut a
Mendoza. Ca nous a fait 2 jours seuls avec 4 enfants (et demi). Quand on
se promenait au zoo, les gens se essayaient de les remettre dans l'ordre
d'age... pensant a priori qu'ils étaient tous a nous. Ca pouvait
coller, mais juste, juste. Clémence est plus proche de Ferréol
que de Garance. Mais Ferréol a des idées bien arrétées
sur ce que les gens ont le droit de faire ou pas. Et pour Clémence,
il avait mis les choses au point dès le début: rien. Elle
avait du mal a bouger sans qu'il ne lui saute dessus. Elle a ramené
l'empreinte de ses dents a différents endroits. Ca s'est un peu
arrangé après, et il y a même eu des bons moments,
mais le résultat c'est que Clémence a passé l'essentiel
des 15 jours avec Garance. Je crois qu'elles se sont bien amusées.
En tous cas Garance était ravie d'avoir une copine avec qui elle
pouvait parler français.
François & Carole sont rentrés d'Argentine
chargés de vin, pour nous permettre de comparer les coteaux des
deux cotés des andes. Cela nous a permis aussi d'arroser l'arrivée
de
Marie-Pierre et
Fabien, le 29. ....
Avant le réveillon "avancé" au 30 parceque les Granade
voulaient passer la nuit du 31 à Miami sur le chemin du retour. Ils
disent que c'est juste pour payer les billets moins chers qu'ils ont pris
ce vol tordu, mais je ne les crois pas. Bref une soirée bien franchouillarde,
surtout au niveau du plateau de fromage qui avait passé la nuit dans
l'avion et la douane avec Fabien, et au niveau des discussions, fort animées.
Trop ? En tous cas, le 31 moins nombreux (et moins frais), on commencé
à diner à minuit... heure française, soit 20h ici.
Après, c'a a été "bonne année bonne nuit".
Marie-Pierre et Fabien nous ont quittés pour aller
voir des pingouins dans le grand sud. Et aussi des glaciers, les Torres del
Paine, des chilotes (neanmoins chiliens), des bistrots castristes, un radiologue,
des refuges, des cailloux, des parilladas accompagnées de Malbec,
et toutes sortes de choses interessantes que nous n'avons pu decouvrir que
quelques jours plus tard et encore, grace à la magie des appareils
numériques, et seulement sur petit écran. Parcequ'ils sont
rentrés en France en repassant par par Santiago. Si vous voulez venir
aussi passez voir le
programme.
Nous, pendant ce temps, on a repris notre rythme Santiaguense.
Premiers émois numériques
Garance a a peu pres compris l'español, du moins assez pour ses
besoins courants. Elle s'est mise a
l'informatique. C'est assez interessant
de suivre tout ca. Elle a eu quelques CDROM bien fait pour Noël et
elle les explore avec passion. La télé a intérêt
a bien se tenir si elle ne veut pas se faire oublier. La manipulation de
la souris est assez naturelle, mais bon, ca fait quand même drôle
de la voir en faire ce qu'elle veut... Enfin, pas toujours, justement, et
ça l'enerve. Ferréol a essayé aussi, mais ca demande
plus de patience (de ma part, je veux dire).